Expliquer la crise tibétaine comme un “conflit ethnique” semble être le chemin emprunter par Pékin. Et c’est un conflit dont les Tibétains devraient porter tout le blâme. La propagande du régime, puis les réponses de ceux qui y croient, vont dans ce sens.
Mais en réalité, il s’agit d’un conflit entre oppresseur et opprimés. Il s’adonne simplement que le régime au pouvoir est de l’ethnie majoritaire. Si la Chine était une démocratie, y aurait-il ces mêmes cris pour un Tibet libre? Probablement pas. L’autonomie de la région serait un fait. Toutefois, pourrait-elle être gouvernée par une théocratie bouddhiste? C’est un autre débat.
Le conflit est entre des gens qui étouffent et un gouvernement qui étrangle.
Dans un contexte d’oppression extrêmement sévère, il est normal que des gens – peu éduqués et marginalisés – s’en prennent aux symboles de cette oppression. Les attaques peuvent facilement être qualifiées d’”ethniques”. Mais elle sont avant tout anti-oppression.
La violence joue toujours en faveur des dirigeants. Car finalement ils en ont le monopole “légal”. Que des jeunes Tibétains aient véritablement détruit des commerces chinois, c’est possible. Qu’ils aient lynché des Chinois, j’ai peine à le croire. Que des agents provocateurs aient gonflé les rangs, j’en suis certain.
Au bout du compte, beaucoup de Chinois du continent et d’outre-mer sont convaincus que les conditions au Tibet sont merveilleuses, que le Tibet est dans la fleur de l’âge, et donc que ceux qui se révoltent contre ces conditions paradisiaques sont nécessairement de violents séparatistes visant à diviser le pays. On entend le discours d’une seule nation forte aux 56 ethnies.
Mais le problème, ce ne sont pas les ethnies, le conflit n’est pas “ethnique”. Le conflit vient du fait que le génocide d’une population, la destruction planifiée de sa culture et de sa religion, la stérilisation forcée des femmes dans de sinistres unités mobiles, ne peuvent se perpétuer éternellement.
Le conflit est entre des gens qui étouffent et un gouvernement qui étrangle.
Mais tant que les dissidents n’appelleront seulement qu’à un “Tibet libre”, le régime chinois jouera la carte ethnique. Ils doivent comprendre que leur salut passe par une “Chine libre”. La carte sera alors politique, mais elle rejoindra les millions souffrant sous le régime communiste chinois, toutes ethnies confondues.

La flamme des droits humains fait son entrée en Amérique du Nord. Après Boston, elle traversera les États-Unis et le Canada au cours des prochains mois.
http://english.ntdtv.com/?c=258&a=2533
http://www.boston.com/news/local/massachusetts/articles/2008/03/31/300_protest_chinas_human_rights_violations/
Bonjour ,
Est-ce que ce conflits est dut au différentes cultures?
Différentes cultures… Ce n’est pas un “conflit”. C’est un régime communisto-fascisant qui tente d’écraser un groupe humain.
Le régime communiste a toujours tenté d’éradiquer la spiritualité, y compris au Tibet, pour la remplacer par la culture du Parti communiste, une culture de lutte, de mensonge, de violence et de corruption.