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Archive for 31 mars 2008

L’illustre Bob Marley doit se retourner dans sa tombe… En avril 1980, il chantait au Zimbabwe la toute récente libération du pays, qui avait été sous le joug du régime raciste de Rhodésie. Il y interprétait, devant un stade plein à craquer d’une foule en liesse, sa pièce portant justement le nom « Zimbabwe ».

No more internal power struggle;
We come together to overcome the little trouble.
Soon we’ll find out who is the real revolutionary,
‘Cause I don’t want my people to be contrary. – Bob Marley

Robert Mugabe prenait le pouvoir en grand libérateur. Vingt-huit ans plus tard, il est toujours là. Le pays sous sa gouverne a joint le club des « moins fréquentables ». Autrefois grenier de l’Afrique, sous ses réformes terriennes les gens n’ont plus de quoi manger. L’inflation est à, tenez-vous bien, 100 000 %.

En 2005, Mugabe faisait raser des quartiers entiers dans une grande opération de « nettoyage » affectant des centaines de milliers de personnes.

Morgan Tsvangirai
Son traitement de l’oppositon : brutal, brutal, brutal. Même les dirigeants de l’opposition sont battus, comme sur la photo Morgan Tsvangirai. Les élections avaient lieu en fin de semaine. L’opposition clâme la victoire. Les résultats sortent au compte-goutte, faisant craindre la fraude. Monsieur Mugabe : quittez le pouvoir. Laissez une chance au pays de s’en remettre.  Quitte le pouvoir!

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Expliquer la crise tibétaine comme un « conflit ethnique » semble être le chemin emprunter par Pékin. Et c’est un conflit dont les Tibétains devraient porter tout le blâme. La propagande du régime, puis les réponses de ceux qui y croient, vont dans ce sens.

Mais en réalité, il s’agit d’un conflit entre oppresseur et opprimés. Il s’adonne simplement que le régime au pouvoir est de l’ethnie majoritaire. Si la Chine était une démocratie, y aurait-il ces mêmes cris pour un Tibet libre? Probablement pas. L’autonomie de la région serait un fait. Toutefois, pourrait-elle être gouvernée par une théocratie bouddhiste? C’est un autre débat.

Le conflit est entre des gens qui étouffent et un gouvernement qui étrangle.

Dans un contexte d’oppression extrêmement sévère, il est normal que des gens – peu éduqués et marginalisés – s’en prennent aux symboles de cette oppression. Les attaques peuvent facilement être qualifiées d' »ethniques ». Mais elle sont avant tout anti-oppression.

La violence joue toujours en faveur des dirigeants. Car finalement ils en ont le monopole « légal ». Que des jeunes Tibétains aient véritablement détruit des commerces chinois, c’est possible. Qu’ils aient lynché des Chinois, j’ai peine à le croire. Que des agents provocateurs aient gonflé les rangs, j’en suis certain.

Au bout du compte, beaucoup de Chinois du continent et d’outre-mer sont convaincus que les conditions au Tibet sont merveilleuses, que le Tibet est dans la fleur de l’âge, et donc que ceux qui se révoltent contre ces conditions paradisiaques sont nécessairement de violents séparatistes visant à diviser le pays. On entend le discours d’une seule nation forte aux 56 ethnies.

Mais le problème, ce ne sont pas les ethnies, le conflit n’est pas « ethnique ». Le conflit vient du fait que le génocide d’une population, la destruction planifiée de sa culture et de sa religion, la stérilisation forcée des femmes dans de sinistres unités mobiles, ne peuvent se perpétuer éternellement.

Le conflit est entre des gens qui étouffent et un gouvernement qui étrangle.

Mais tant que les dissidents n’appelleront seulement qu’à un « Tibet libre », le régime chinois jouera la carte ethnique. Ils doivent comprendre que leur salut passe par une « Chine libre ». La carte sera alors politique, mais elle rejoindra les millions souffrant sous le régime communiste chinois, toutes ethnies confondues.

Free China & Tibet will follow

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