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Archive for février 2009

(La Grande Epoque)

Malgré la crise économique qui frappe d’une manière particulièrement sévère la Chine, le régime va de l’avant en 2009 avec un plan pour accroître la projection de son soft power à l’étranger. En ses propres termes, il faut renforcer la propagande afin de propager sa vision du monde et aseptiser son image. Il attaquera donc sur deux fronts : le premier consiste à lancer des chaînes de télévision mondiales en plusieurs langues calquées sur le modèle américain de CNN; le deuxième vise à poursuivre l’infiltration des médias étrangers.

Durant la semaine précédant le Nouvel An chinois (26 janvier), les membres du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) se sont réunis afin de planifier les campagnes de propagande à l’étranger pour l’année 2009.

Dans le discours de clôture de la réunion, le membre du comité en charge de «l’idéologie» a souligné qu’en raison des efforts conjoints du ministère de la Propagande, du «Front uni» et du ministère des Affaires étrangères, durant la dernière décennie, la plupart des entreprises médiatiques chinoises d’outre-mer calquaient essentiellement les politiques et pratiques du PCC.

Le responsable a exprimé que les journaux chinois dans les pays occidentaux étaient tous en mesure d’entretenir des liens solides avec les gouvernements locaux, à l’exception de plusieurs petites publications contrôlées par les soi-disant «trois forces anti-Chine». Le PCC a donc décidé de poursuivre ses investissements massifs dans des campagnes de propagande outre-mer.

Le ministre de la Propagande, dans son discours, a mentionné qu’après l’allocation des fonds, plusieurs propriétaires de médias chinois étrangers ont contacté son ministère afin d’indiquer qu’ils étaient disposés à coopérer avec le PCC pour faire la promotion de «l’image internationale de la Chine».

Cependant, des dirigeants du «Front uni» et des services secrets du PCC ont averti que l’octroi des fonds devait se faire avec précaution, puisque les revenus publicitaires provenant d’entreprises financées par le PCC devraient être suffisants pour garantir la coopération des médias avec le régime. Dans ce sens, un financement particulier ne serait peut-être pas nécessaire.

Au lieu d’investir dans les médias chinois étrangers, un rapport spécial du ministère des Affaires étrangères suggère que le PCC commence à s’intéresser aux médias occidentaux. Le rapport cite comme exemple à suivre la récente acquisition du journal britannique Evening Standard par un ex-agent du KGB et oligarche russe, Alexander Lebedev. Le PCC doit donc commencer à former des agents chinois pour débuter l’acquisition de médias occidentaux.

La couverture médiatique occidentale des évènements au Tibet au printemps 2008 aurait sonné l’alarme chez les dirigeants chinois, leur indiquant que la manipulation des médias chinois étrangers n’était pas suffisante. «L’incident CNN», où un commentateur avait qualifié les dirigeants pékinois de «malfrats», n’a pas été très bien digéré.

Le rapport analyse les difficultés financières grandissantes de plusieurs médias occidentaux et tire la conclusion que le temps est venu de débuter l’acquisition de tels médias, mais sans que cela soit perçu comme un geste politique.

Le ministère de la Sécurité d’État a mis en garde qu’une précaution extrême devrait être exercée pour choisir quels agents devraient tenter d’acquérir des médias occidentaux. Sa recommandation est d’injecter des fonds dans différents médias chinois étrangers et de les utiliser comme des pions qui prendraient le contrôle des entreprises médiatiques convoitées.

«Machine de propagande internationale»
Outre l’infiltration et l’acquisition des médias étrangers, le PCC va lancer des chaînes de nouvelles en anglais, français, espagnol, russe et arabe basées sur le modèle de CNN. Un projet mené par la CCTV, soit la télévision d’État autoproclamée «l’organe du Parti et du gouvernement».

C’est une perspective qui inquiète l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch. Dans une lettre publiée dans le Wall Street Journal, Nicolas Bequelin, un chercheur pour la branche asiatique de l’ONG, fait remarquer que la mission officielle des nouvelles chaînes de CCTV, selon son site Internet, est «d’atteindre une nouvelle étape en propagande extérieure».

Il souligne qu’alors que les médias occidentaux ont tendance à réduire leurs opérations à l’étranger, Xinhua, l’agence de nouvelles officielle du PCC, compte faire passer ses bureaux outre-mer de 100 à 186. Xinhua est qualifiée de «plus grande agence de propagande au monde» par Reporters sans frontières; l’agence elle-même qualifie ses activités comme étant «conduites, du début à la fin, sous le leadership direct des autorités centrales du parti».

«Pékin a peut-être raison de penser qu’une “propagande extérieure” améliorée lui fournira des armes additionnelles pour répliquer à ses critiques, mais cela se fera en bout de ligne aux dépens de quelque chose de bien plus important : le pouvoir souple et persuasif qui peut seulement se manifester par des médias libres et non biaisés qui informent plutôt que de tromper», conclut Bequelin.

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Il viendrait d’être libéré, mais pour combien de temps?

(HUMAN RIGHTS WATCH, New York) – Le gouvernement chinois doit immédiatement donner des informations sur le sort de Gao Zhisheng, avocat défenseur des droits humains, disparu depuis deux semaines, ont déclaré conjointement ce lundi 2 février Human Rights Watch, Amnesty International et Human Rights Chine. Les trois organisations soulignent que Gao Zhisheng court un risque immédiat d’actes de torture graves et mauvais traitements par les services de sécurité chinois et appellent à sa remise en liberté immédiate. « Nous craignons beaucoup pour la sécurité de Gao Zhisheng en ce moment, les services de sécurité chinois ayant souvent par le passé attenté à ses droits fondamentaux et ceux de sa famille, a déclaré Sophie Richardson, directrice Asie de Human Rights Watch. Gao Zhisheng a décrit de façon détaillée comment il avait été torturé lors de gardes à vue précédentes et il se pourrait qu’il subisse une nouvelle fois le même type de traitement. »

L’avocat et sa famille étaient sous surveillance policière depuis la condamnation avec sursis de Gao Zhisheng pour « incitation à la subversion » en 2006. On est sans nouvelles depuis le 19 janvier. Selon des sources fiables, il aurait été arrêté par les forces de sécurité et serait maintenu en détention dans un lieu tenu secret.

«Le 9 février, le bilan du gouvernement chinois en matière de droits humains sera examiné par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, a déclaré Sharon Hom, directrice exécutive de Human Rights Chine. Juste après le rapport cinglant du Comité contre la torture en novembre 2008, arrêter arbitrairement et torturer un avocat reconnu pour sa défense des droits fondamentaux n’est certainement pas signe de progrès en matière de droits humains.»

En septembre 2007, Gao Zhisheng avait été détenu pendant plusieurs semaines, peu après avoir envoyé une lettre ouverte au Congrès américain dénonçant la situation des droits humains en Chine et décrivant comment lui et sa famille avaient été traités par les forces de sécurité.

Gao Zhisheng a fourni des détails sur sa détention illégale en 2007 et décrit des actes de torture graves subis aux mains des agents de la sécurité – passages à tabac, actes répétés de torture à l’électricité sur les parties génitales, cigarettes allumées tenues tout près de ses yeux pendant de longs moments, ayant occasionné une cécité partielle de plusieurs semaines. Après sa libération, les personnes qui le connaissaient l’avaient décrit comme un « homme brisé », physiquement et moralement.

«La Chine doit immédiatement libérer Gao Zhisheng, a déclaré Roseann Rife, directrice adjointe du programme Asie Pacifique d’Amnesty International. La Chine doit prouver qu’elle prend au sérieux ses obligations internationales, dans ce cas précis, ses obligations au titre de la Convention contre la torture, à laquelle la Chine est partie depuis1988.»

En novembre 2008, le Comité des Nations unies contre la torture a indiqué, dans ses Observations finales sur la Chine, qu’il restait « profondément préoccupé par la persistance des allégations, corroborées par de nombreuses sources légales chinoises, de pratiques de torture généralisées et de mauvais traitements contre des suspects placés en garde à vue.» Amnesty International, Human Rights Chine et Human Rights Watch demandent instamment aux gouvernements et organismes intergouvernementaux concernés d’appeler le gouvernement chinois à prendre toutes les mesures nécessaires pour s’assurer de la sécurité et du bien-être de Gao Zhisheng pendant sa garde à vue et le libérer au plus tôt.

Désigné en 2001 comme « l’un des dix meilleurs avocats de Chine » par une publication chinoise éditée par le ministère de la Justice de RPC, Gao Zhisheng est un autodidacte, un homme de loi qui a souvent représenté les victimes dans des affaires hautement médiatisées et politiquement sensibles d’atteintes aux droits des personnes par la police et d’autres agences gouvernementales. En octobre 2005, il avait adressé une série de trois lettres au président Hu Jintao et au Premier ministre Wen Jiabao, pour leur demander de faire cesser les actes de torture et mauvais traitements infligés aux pratiquants du Falungong en détention ainsi que les persécutions contre les chrétiens dans la clandestinité et les militants de la démocratie.

Après sa détention en 2007, Gao Zhisheng avait fait part de ses craintes d’être torturé s’il était de nouveau arrêté.

En juin 2007, Gao Zhisheng a reçu le Courageous Advocacy Award, un prix qui récompense les hommes de loi ayant fait preuve de courage, décerné par le Comité américain des avocats du Barreau (ABOTA, American Board of Trial Advocates). Ses mémoires, Une Chine plus juste, ont été publiées en anglais la même année.

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Le Monde

Mountazer Al-Zaïdi, l’homme qui gagna une renommée planétaire en jetant ses chaussures sur George W. Bush, fait des émules. Lundi 2 février, c’est un Britannique qui s’est essayé à l’exercice, prenant pour cible le premier ministre chinois Wen Jiabao.

Au dernier jour de sa visite au Royaume-Uni, M. Wen prononçait un discours sur l’économie mondiale à l’université de Cambridge, au nord de Londres, lorsqu’un homme s’est levé et a lancé une chaussure de sport vers le dirigeant chinois. Le manifestant, un jeune homme d’allure occidentale vêtu d’un tee-shirt, s’est écrié : « Ce dictateur là-bas, comment peut-on écouter les mensonges qu’il raconte ? Vous ne le contredisez pas », avant de souffler dans un sifflet. « Levez-vous et protestez », a-t-il crié à l’adresse de l’assistance alors qu’il était évacué par les services de sécurité.

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